Des vitesses modestes pour les leaders du Vendée Globe…..Bestaven occupe la troisième place……. Stamm parle du Superbigou de Pip Hare

Le duo de tête du Vendée Globe, Charlie Dalin et Thomas Ruyant, est dans une période de vents plus calmes alors qu’il se remet de la grosse tempête de l’océan Indien qui l’a frappé mardi soir avec des rafales à 55 nœuds de vent et une mer formée.

Dalin, 35 ans, débutant dans l’océan Austral, a admis ce matin qu’il avait le sentiment que lui et son bateau étaient très proches de leurs limites et qu’il avait parfois baissé les champs de vent sur ses systèmes de navigation alors que la mer rouge sur l’écran n’était que le rendant plus anxieux.

Mais la récompense de leur prudence, de leur soin et de leur sens marin semble être un passage relativement simple vers le cap Leeuwin, où Dalin compte passer entre dimanche soir et lundi.

“J’ai l’impression d’avoir mérité mes éperons dans l’océan Austral”, a ri Dalin qui n’avait jamais couru au sud d’Itajai, au Brésil, avant cette course.

Les deux hommes de tête sur leurs IMOCA plan Verdier sont distants de 214 milles nautiques ce jeudi après-midi, faisant tous deux moins de 12 nœuds dans des airs plus légers avec moins de 1000 milles à parcourir jusqu’au deuxième Grand Cap de la course.

Troisième cet après-midi, Yannick Bestaven sur Maître Coq dont la vitesse, le sang-froid et la fluidité des stratégies sont à la hauteur de Louis Burton qui pointe dix milles derrière. Rappelons que Bestaven, Boris Hermmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) et Jean Le Cam (Yes We Cam !) n’ont pas encore obtenu leur allocation de temps – réparation – pour le temps et la distance perdus par eux pendant et suite à leurs efforts pour sauvez Kévin Escoffier.

A 47 ans, Yannick Bestaven cumule 20 ans d’expérience en course au large. Il a fait son apprentissage auprès du légendaire innovateur technique français et coureur du Vendée Globe Yves Parlier, remportant la série du Tour d’Europe de la classe IMOCA en 1999 avec Ellen MacArthur et Parlier sur son Acquitaine Innovations avant de construire lui-même un Mini 650 en 2001 et de remporter de manière convaincante le MiniTrasnat 2001. . En termes de sources d’énergie durables, Bestaven était bien en avance sur les autres lorsqu’il a pris le départ du Vendée Globe 2008-9 sur un bateau utilisant uniquement des sources d’énergie renouvelables, mais malheureusement il a démâté le quatrième jour de course dans une grosse tempête de Gascogne.
Depuis, il a développé l’activité d’hydrogénérateurs Watt & Sea, les systèmes de recharge alimentés à l’eau sont actuellement utilisés sur 99 % des bateaux du Vendée Globe.
Le bateau VPLP-Verdier de Bestaven, construit sous le nom de Safran en 2014 pour Morgan Lagravière, n’est pas arrivé aussi loin lors de la course 2016-17, abandonnant au Cap avec des problèmes de direction. Les sponsors de l’alimentation avicole ont pris le bateau peu après la dernière course et ont choisi Bestaven comme skipper.

Alors qu’ils atteignent une période de temps plus calme maintenant, et en particulier dans quelques semaines dans les vagues plus longues et ondulantes du Pacifique, il sera intéressant de voir à quel point les foilers rapides de nouvelle génération sont poussés.

Lorsqu’on parlait avant le début des journées de plus de 500 milles et de la probabilité que le record de 536 milles marins d’Alex Thomson en 2016 tombe, à ce jour, seuls quatre skippers ont battu la journée de 500 milles sur 24 heures et tous – Ruyant (515,3 nms) Sébastien Simon (508,9) Charlie Dalin (505,5) et Alex Thomson (501,8) – étaient partout sur le 20-21St Novembre.

Le hasard n’a jamais favorisé les efforts du skipper suisse Bernard Stamm pour boucler le Vendée Globe. Il est parti quatre fois et n’a jamais été crédité d’un temps d’arrivée.

Il a terminé son tour du monde en 2012-13, mais a été jugé avoir reçu une assistance extérieure lors d’un arrêt pour réparations techniques dans les îles Auckland et il a été disqualifié. L’ancre levée, il a choisi, en cas d’urgence, de s’amarrer à côté d’un navire d’étude scientifique russe, mais un membre de l’équipage – sans qu’on lui ait demandé – l’a aidé dans la manœuvre.

Stamm a rendu hommage aujourd’hui au skipper anglais de 46 ans Pip Hare et à son compatriote Alan Roura pour leurs efforts sur l’IMOCA Superbigou qu’il a construit avec un budget serré pour la course de 2000. Malheureusement, il a dû prendre sa retraite au début de l’édition 2000.

Stamm a rappelé aujourd’hui, « Le bateau n’a pas été construit comme je l’espérais. J’espérais emprunter de l’argent pour fabriquer les moules et ensuite trouver un sponsor pour leur montrer les moules plutôt qu’un programme détaillé. J’ai été obligé d’emprunter tout l’argent nécessaire pour construire tout le bateau. Beaucoup d’amis et les gens de Lesconil et les vacanciers qui étaient là sont venus m’aider à construire ce bateau. Le bateau est finalement terminé quelques mois avant le départ du Vendée Globe 2000. J’ai dépensé beaucoup pour la structure de base et elle était bien construite. Je n’ai pas eu le temps de travailler sur des pièces comme le mât. Le mât venait donc d’Isabelle Autissier, le winch de Laurent Bourgnon, les embrayages d’Alain Gautier donc c’est ainsi que le bateau a pu s’élancer sur le Vendée Globe 2000. C’était une aventure humaine fantastique. Je ne sais pas combien de milles il a parcouru, mais c’est le cinquième tour du monde du bateau. Je dirais 300 à 400 000 miles. Je suis fier de la voir et de voir ce que fait Pip et ce qu’Alain a fait. Ils ont réussi à faire quelque chose que je n’ai pas fait : faire le tour du monde en bateau. »

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